Laure Poucet

Maybe we will meet because we will participate in a training course together, during a trainer meeting, or just because you are curious to read these lines. Learning NVC has changed my life, “for better or for worse.”
When I was little, I hated the power that adults had over children—in the family, at school, on the street, in the movies, at the doctor‘s office… And now that I have become a mother, I found myself repeating attitudes that I had promised not to reproduce. To give myself the means to do things differently with my son, I took part in my first internship. This allowed me to remember that emotions are the gateway to what is important to me and to express it in a way that increases my chances of being heard.
I further strengthened my ability to listen to others—my family and friends, my colleagues, and especially the students I welcomed into my school nurse’s office. With them, I carried out prevention and health education actions by developing their psychosocial skills. After 30 years of practicing the exciting profession of nursing, first in multi-skilled intensive care and then in school health, I could write a book full of anecdotes illustrating everything I missed before NVC and everything it brought me. The quality of presence to oneself and others, empathetic listening, attention to mutual needs, and authentic expression have all been transformative.
My thirst for learning led me to meet many people. I was sometimes captivated by the certified trainers I met. The discovery that Nonviolent Communication (NVC) was a way to contribute to profound social transformation and a better sharing of resources gave such meaning to its transmission that I entered the certification process to become a trainer in 2020.
In 2021, I realized that I had experienced a lack of respect for my consent, abuse, and denial of responsibility in a relationship—not so loving after all—with a certified trainer. I also learned that other women had similar experiences, either with this trainer or others. Several of us named what we had gone through: psychological, sexist, and sexual violence. This experience helped me understand the use and repetition of certain mechanisms of violence based on hierarchical ideologies, and I became aware of the systemic nature of violence.
Since then, I have been learning, questioning, researching, and discovering ways to teach NVC that take into account racism, sexism, ableism, classism, and adult domination. By naming sexist and sexual violence in the French NVC network, I quickly understood that, as elsewhere, acts of systemic oppression are possible because the structure in which they occur allows them to happen. I met and was accompanied by people who made a concrete commitment to me and helped me experience what it means to be an ally.
In the CNV network in France, I saw and experienced the mechanisms of systemic protection: minimization, denial of collective responsibility, superficial empathy that ignores context, the absence of contextualized empathy, an equivalence of the needs of perpetrators and victims, overprotection of perpetrators, confusion between conflict and aggression, invisibility, silencing, and the self-exclusion of victims to ensure their own safety.
Since then, I have continued to learn to name these universal mechanisms in power relations and to express conditions and limits. I have also recognized some of my own blind spots, learned to acknowledge them, and taken responsibility when I contribute to reproducing these societal patterns—especially when I am in a position of privilege. This has taught me humility and helped me see certification for what it represents to me: a step on a lifelong journey. It is not so much a trainer’s understanding of NVC that matters but the posture they embody in daily life.
I want to convey a committed NVC that empowers people to position themselves and act concretely—individually and collectively—for a real consideration of our mutual needs.
Peut-être allons nous nous rencontrer parce que nous participerons à un stage ensemble, ou lors d’une rencontre de formateurice ou juste parce que vous avez la curiosité de lire ces lignes. L’apprentissage de la CNV a changé ma vie « pour le meilleur et pour le pire ».
Petite, je détestais ce rapport de domination que les adultes avaient sur les enfants : dans la famille, à l’école, dans la rue, dans les films, chez le médecin… Et voilà qu’une fois devenue maman, je répétais des attitudes que je m’étais promise de ne pas reproduire. Alors, pour me donner les moyens de faire autrement avec mon fils, je participe à mon premier stage. Cela m’a permis de me rappeler que les émotions sont la porte d’accès à ce qui est important pour moi et l’exprimer d’une façon qui augmente mes chances d’être prise en compte. J’ai renforcé encore plus mes capacités d’écoute des autres : ma famille et mes amis, mes collègues. Et surtout les élèves que j’accueillais dans mon bureau d’infirmière scolaire et auprès desquels je menais des actions de préventions et d’éducation à la santé en développant leurs compétences psychosociales. Avec 30 ans d’exercice du métier passionnant d’infirmière en réanimation polyvalente puis en santé scolaire, je pourrais écrire un livre rempli d’anecdotes qui illustreraient tout ce qui m’a manqué avant la CNV et tout ce qu’elle m’a apporté. La qualité de présence à soi ET à l’autre, l’écoute empathique, l’attention mise sur la prise en compte des besoins mutuels, l’expression authentique…
Ma soif d’apprendre m’a amené à rencontrer de nombreuses personnes. J’ai parfois été « subjuguée » par les formateurices certifiées que j’ai croisé. La découverte que la CNV était un moyen de contribuer à une transformation sociale profonde pour un meilleur partage des ressources donnait un tel sens à sa transmission que je suis entrée sur le parcours de certification pour devenir formatrice en 2020.
En 2021, je réalise que j’ai vécu du non respect de mon consentement, de l’abus et du déni de responsabilité dans une relation, pas si amoureuse que ça finalement, avec un formateur certifié et que c’est aussi le cas d’autres femmes avec ce formateur ou avec d’autres. Nous sommes plusieurs à nommer ce que nous avons vécu : des violences psychiques, sexistes et sexuelles. Cette expérience m’a permis de comprendre l’utilisation et la répétition de certains mécanismes de violences basées sur des idéologies hiérarchisantes et je prends conscience du caractère systémique de la violence. Depuis je m’informe, je questionne, je cherche, j’apprends comment transmettre une CNV prenant en compte le racisme, le sexisme, le validisme, le classisme, …. et la domination adulte. En nommant les violences sexistes et sexuelles dans le réseau CNV français, j’ai très vite compris que, comme ailleurs, les actes d’oppressions systémiques sont rendu possible parce que la structure dans laquelle ils se produisent rend cela possible. J’ai rencontré et été accompagnée par des personnes qui se sont engagées concrètement à mes côtés et m’ont fait vivre la posture d’alliée. Dans le réseau CNV en France j’ai vu et vécu les mécanismes de protection systémique : La minimisation, le déni de responsabilité collective, une empathie de surface qui ne prends pas en compte le contexte des faits, l’absence d’empathie située par rapport au contexte des faits, une mise en équivalence des besoins des auteurs d’actes et des victimes, la surprotection des auteurs, la confusion de traitement entre un conflit et une agression, l’invisibilisation, la silenciation, l’auto-exclusion des victimes pour assurer elle-même leur sécurité …
Depuis, je continue à apprendre à nommer ces mécanismes universels dans les rapports de domination et à exprimer des conditions et des limites. J’ai également vu certains mes propres angles morts, appris à les dire et à en prendre la responsabilité lorsque je contribue à reproduire ces schémas de fonctionnements sociétaux, en particulier lorsque je suis en situation privilégiée. Cela m’a appris l’humilité et à voir la certification pour ce qu’elle représente pour moi : une étape sur un chemin de vie. Ce n’est pas tant la compréhension que l’on a de la CNV comme formateurice qui compte que la posture que l’on incarne au quotidien en tant que personne.
Je souhaite transmettre une CNV engagée et qui redonne le pouvoir de se positionner et d’agir concrètement, individuellement et collectivement, pour une réelle prise en compte de nos besoins mutuels.
